05/10/2019

Palais de la Femme, une promesse de révolution ?

Quand Danielle Simonnet évoque le problème du Palais de la Femme au Conseil de Paris, elle dépeint ses 162 collègues s'offusquant : comment peut-elle oser s’en prendre à l’Armée du Salut ?

Temps d'écoute : 59'35''

Dans un premier reportage, nous relations la situation de Femmes victimes de maltraitance au sein de l’institution du Palais de la Femme. Rien ne s’est arrangé. Bien au contraire, les choses empirent. Une des résidentes, Cherifa, militante pour les droits des habitantes, se voit aujourd’hui menacée d’expulsion pour mauvais comportement. Alors qu’au sein même de ce qui devrait être un lieu  de protection pour femmes violentées psychiquement ou physiquement, l’institution instaura la mixité en 2012, c’est bien-sûr avec un homme, un Chef de service, que les altercations ont eu lieu. La description des comportements de ce Chef laisserait davantage penser à un abus de pouvoir qu'à un mode de communication constructif de sa part. Par ailleurs, les brimades continuraient, avec un dossier CAF qui resteraient non traités bloquant ainsi l'accès aux droits de Cherifa. Un piège autoritariste se refermerait-il actuellement sur les résidentes en impunité et dans le secret ? A la repression sociale, le mépris de classe, la lesbophobie s'ajoute aujourd'hui un banissement social par etiquetage auprès de la DHRIL, Direction Régionale et Interdépartementale de l'Hébergement et du Logement, structure d'État pour le logement social. La Directrice, madame Chevillotte, qui aurait fait un signalement disciplinaire n'a pas voulu répondre à nos questions.



Soutien aux Femmes Précaires

Nous choisissons donc de réouvrir le dossier en pleine période du Grenelle des violences conjugales. Qu'un tel lieu puisse maltraiter des femmes précarisées et déjà en souffrance jette chacun·e dans l'indignation et pour autant rien ne se passe. L'institution garde et affirme sa position repressive. Puisqu'aucune remise en question ne se fait, il convient d'agir urgemment sur ce disfonctionnement. C'est donc au niveau politique qu'il faut porter la voix, selon Danielle Simonnet. Le comité de soutien et les manifestations hebdommadaires, ont besoin d'un soutien politique qui obligera sans doute l'institution à faire l'éclairage sur ses pratiques.

Nous avons rencontré, Danielle Simonnet, Membre du Parti de gauche (PG) et de La France insoumise (FI),  conseillère municipale du 20e arrondissement de Paris depuis 2001 et conseillère de Paris depuis 2008.

Elle connaît bien ces dossiers et c'est sans concession qu'elle regarde la vérité en face. Il y a, selon elle, une connivence entre les politiques et la direction de ces grands établissements. Quand elle évoque le problème au Conseil de Paris, elle nous dépeint ses 162 collègues s'offusquant : comment peut-elle oser  s’en prendre à l’Armée du Salut ?

Maltraitance institutionnelle, non-surveillance des pratiques, politique du logement inappropriée, c'est en révolutionnaire que Danielle Simonnet analyse la situation. Si la société est responsable de la violence sociale qui positionne les personnes dans la précarité, elles doivent être démocratiquement associé·e·s à leur émancipation.

Cette lutte n’est plus un sujet municipal. C’est un sujet national. Danielle Simonnet souhaite alerter les Députés. Elle pense à Danièle Obono, 17e circonscription de Paris.

Y aura-t-il une Révolution au Palais de la Femme ? A suivre.

 

Néo.