02/08/2022

Animalisme et extrême-droite

L'autodétermination politique n'est pas forcément révélatrice en terme de valeurs

Temps d'écoute : 109'59"
 
L'objet de cette intervention part d'un constat : l'existence d'un animalisme d'extrême-droite, qui s'est particulièrement révélé avec les débats autour de "l'engagement pour les animaux" de M. Le Pen aux présidentielles 2022, mais qui est ancien et non rare dans les mouvements de la cause animale. Comment expliquer cet animalisme et son ancrage ? Et comment y répondre ? Il part également d'une interrogation, personnelle et politique : comment peut-on agir pour la cause animale en ayant des valeurs d'extrême-droite ? N'y a-t-il pas une incohérence éthique fondamentale ? Comment l'extrême-droite réfléchit-elle l'éthique animaliste ?
Ce sont des réponses à ces questions, entre autres, que cherche à apporter cette conférence. Par un essai de définitions des différentes formes d'animalisme d'extrême-droite, de traçage de leurs historiques, et d'identification de leurs fondements idéologiques, l'enjeu est de mieux les comprendre pour mieux les combattre et s'en prémunir. Parce que dans un contexte politique où l'extrême-droite ne cesse de gagner du terrain, la réflexion sur le sujet n'est pas seulement nécessaire : elle est urgente.
 
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Adrian Debord est chercheur indépendant spécialisé en sociologie des oppressions, co-fondateur de l'UELA et membre de l'association trans lyonnaise Chrysalide.

 


Extrait du programme de M. Le Pen dnas sa brochure des présidentielles 2022

L'art de prendre position pour ne rien changer et installer davantage encore le spécisme.

Les maltraitances involontaires, ou regardées comme inévitables, doivent-elles aussi être réduites au strict minimum admissible, dans l‘état des techniques. Il faut évidemment distinguer, parmi les animaux, ceux qui, vivant avec les humains (qu’ils soient de compagnie, apprivoisés ou tenus en captivité), doivent être autant que possible protégés contre toute mise à mort, de ceux qui sont destinés à être abattus dans le cadre de l’élevage, ou des animaux sauvages. Pour significatifs que soient les progrès réalisés, ils demeurent encore en deçà de ce que d’autres législations étrangères ont prévu : en ce domaine, comme en tant d’autres, la France se doit d’être exemplaire, et l’ambition de Marine LE PEN se donne pour objectif d’éradiquer du sol de France tout acte de violence gratuite ou sadique envers les animaux, qui déshonore leurs auteurs et doit conduire à l’infliction de sanctions exemplaires, effectives et sévères.

Les mesures que Marine LE PEN propose ici prennent évidemment en compte les nécessités de l’élevage, de la pêche et de la protection des cultures ; elles n’ont pas pour finalité l’interdiction de la chasse ou les essais à finalité thérapeutique sur les animaux, si et seulement si ceux-ci sont indispensables.