08/05/2022

La ferme de l'enfer !


Le 17 mai prochain se tiendra le procès d’une affaire à rebonds qui dure depuis près de 30 ans. Dans une petite bourgade des Hauts de France, Wambrechies, de père en fils, des pratiques d‘élevage qui se sont transmises jusqu’à ce jour, hors légalité ou hors des normes, générant une maltraitance réelle pour les autres animaux. Une ferme de l’horreur, comme la décrivent des associations de protection animale, défraie donc la chronique en toute impunité.

Temps d'écoute : 27'40'' - Temps de lecture : 5 minutes
Mise à jour 15/05/22

 

Si depuis 1999, le père agriculteur Emile Pollet était rappelé à l’ordre par les services vétérinaires régulièrement pour des Bovins détenus dans des conditions inappropriées, non déclarés, ce n’était pas les rapports de ces services ou de la police municipale successifs entre 2010 et 2017 qui firent changer les choses.




Les fils, Bruno et Marc, ne se montreront jamais à la hauteur et feront perdurer cette activité moribonde. Il suffit pour cela de voir à quel point la ferme semble inhabitée lorsque l’on visionne les images de personnes qui pensaient filmer en mode URBEX un lieu abandonné. Ces images montrent alors la triste réalité, un capharnaüm, des détritus, des ronces envahissantes, et là, seul dans une étable qui n'en ai plus une, un veau amaigri, séquestré au milieu de déchets.

 


Ces images vont alerter des associations de protection des autres animaux en souffrance. Une alerte parmi tant d’autres avant elle. Avec l’intervention de la fondation Brigitte Bardot, une énième condamnation sera prononcée en 2019 pour maltraitance. Rien n’y fera. Les éleveurs agissent hors de toutes règles, dans leur monde, irresponsables. Amendes non payées et pratiques inchangées, en novembre 2020 une militante de la cause animale (Ecole du Chat et auprès de L214) découvre le manque de soin persistant du troupeau et ses conditions de détention. Les photos prises en 2020 des personnes vaches montre les mêmes conditions que les photos prises en 2017 par la police municipale.



Pour sauver le troupeau de 36 individu·es, les associations vont tout faire pour coopérer avec la justice en cherchant un refuge pour accueillir les personnes bovines. Peine perdue, la justice laissera amener le troupeau à l'abattoir à part deux personnes vaches gestantes. Fin novembre 2021, après la naissance des veaux, les mères et leur petits furent placées.


Tout aurait pu s’arrêter là, or le jour même, on signale la présence de 2 personnes moutons séquestrées dans des conditions scandaleuses. Et malgré les sollicitations répétées auprès du Parquet, l’OPJ et les services de la DDPP, n'auront ni fait de constat ni d’autorisation de saisie. Lorsque nous avons contacté le service de la Procureur du tribunal de Lille pour comprendre les atermoiements et l’absence d’intervention, la réponse que nous avons reçue indiquait [qu’]

Une enquête a été ouverte dès le 8 décembre 2021, date de la réception d’un signalement par la procureure de la République. Les services vétérinaires de la DDPP ont été saisis le même jour. Une première analyse par ce service des faits signalés permettait uniquement d'envisager de retenir des contraventions de 4ème classe si les faits devaient être établis. Qu’en l’absence des propriétaires des lieux, [ils] n’ont pas pu pénétrer dans les bâtiments composant l’exploitation agricole. À l’extérieur, il n’était pas constaté de présence ou de trace de présence des deux moutons, et que le 17 mars, des policiers se sont à nouveau rendus sur place sans pouvoir effectuer les constatations attendues. Depuis les agriculteurs n’ont pas donné suite à une convocation des services de police. L’enquête se poursuit.



Au moment de la photo, ces personnes moutons, étaient enfermées, dans un réduit sans lumière, difficile d'accès. Au premier plan la patte arrière gauche de la première personne est enflée. Les personnes ne sont pas identifiées. Il s'agit donc d'une détention illégale pour des éleveurs. Une particularité comportementale du mouton c'est de faire silence lors de bruits suspects, ce qui peut expliquer qu'ils ne soient pas repérés. Les animaux seraient nourris de pain. Du pain sec serait toujours donné à la ferme  par des âmes charitables des allentours.

Depuis 30 ans la maltraitance est structurelle dans cette ferme et l'incapacité des éleveurs à exercer leur profession apparaît à la lecture de nombreux rapports, signalements ou condamnations qui ont été établis. Avec la séquestration de ces deux personnes moutons, il y a récidive lors même d’une procédure en cours. Aujourd'hui on laisse pourrir la situation sans intervention, allant même jusqu’à qualifier les faits comme une banale infraction donnant lieu à une simple contravention de 4eme classe, alors qu’il y aurait toutes les raisons de  considérer cela comme un délit. Les organismes de contrôle ou de filière, soutiennent ou excusent ses déviances, au nom probablement d'une solidarité, d'une compassion pour les exclus Pollet. Ces largesses solidaires entachent une profession qui paradoxalement ne sait réagir que mollement dans une loyauté de confrérie. Le système est à son paroxysme, ne fonctionne plus et la ferme de Wambrechies est comme une expérimentation grandeur nature de la fin d'un monde, d'une époque où les autres animaux ne comptent pas. Il faut en attendant gérer l'urgence de cette lente agonie. Actuellement deux moutons au moins sont de nouveau prisonniers et alors même que le procès de l’affaire précédente n’a pas eu lieu, les éleveurs continuent impunément de maltraiter. Nous avons contacté Caroline Lanty, Avocate en charge du dossier pour les associations de protection animale, afin de comprendre ce qui amène à une telle inertie, voici notre entretien : (retranscription en cours)

[…]

Le parquet osera-t-il cette fois contraindre ces éleveurs, exiger des visites pour enquêter plus avant, vérifier la présence d’une fosse qui servirait de cimetière pour les cadavres des personnes animales au coeur même de la ferme, sortir les autres animaux de cet enfer en les préservant de l'abattoir puisque des refuges sont prêts à les accueillir ?
Le 17 mai le tribunal entendra les avocats et les témoignages. Les frères Pollet, les éleveurs, auraient déjà prévenu de leur absence au tribunal. Deux hommes s'affranchissant de leurs responsabilités et de leurs obligations, en marge de toute éthique, s'inventant une loi personnelle et n'hésitant pas à utiliser la violence pour toute personne demandant des comptes (ci-dessous le témoignage de Marion Pécher victime de violence extrême de la part des frères Pollet le 9 février 2022 / images Facebook). Wambrechies, c'est le Farwest, règlement de compte à O·K Corral !


Pour soutenir les associations et aider à ce que les personnes animales encore détenues soient sorties de l'enfer, vous pouvez répondre à l'appel à manifester devant le tribunal avant le procès ou même assister au procès puisqu’il est ouvert au public. Justice pour les animaux. !

 

Néo-Martha

 

 


La pétition :

 

 

Remerciements:

  • Adrien AdcaZz pour sa vidéo URBEX au coeur de la ferme
  • Marion Pecher pour nous avoir autorisé à diffuser son témoignage de la violente agression
  • Les personnes ayant transmis les documents