#3 Bases de la morale chez les mammifères et les oiseaux
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10/07/2019

#3 Bases de la morale chez les mammifères et les oiseaux

#3 Cognition sociale

Mathilde Lalot, docteure en neurosciences et enseignante en éthologie

Temps d'écoute : 56'33''

 

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Notre représentation du statut moral des animaux non-humains a considérablement évolué ces dernières décennies. D’abord appréhendés comme patients moraux, le bien-être des animaux est devenu un défi majeur de notre société. En effet, leur reconnaître une capacité à ressentir de la souffrance a fait passer leur statut légal de « biens meubles » à « êtres sensibles ». Récemment, des axes de recherches conduites en éthologie tendent à considérer les animaux, non plus comme uniquement des patients moraux, mais également comme des agents moraux. Si traditionnellement la morale était considérée comme purement humaine et culturelle, ces recherches montrent chez des animaux non-humains des comportements qui semblent sous-tendus par les mêmes mécanismes que ceux que nous qualifions de moraux chez les humains. Ces comportements sont considérés comme des précurseurs de la morale humaine. Un système moral implique : des comportements altruistes, la capacité à ressentir de l’empathie pour autrui, l’établissement de règles sociales, le respect d’une certaine équité au sein d’un groupe, ainsi que la capacité et la volonté d’entretenir de bonnes relations avec ses congénères (notamment via des comportements de consolations et de réconciliations). Si mes précédentes recherches se sont intéressées à l’évaluation du bien être animal, mes recherches actuelles se concentrent sur les mécanismes favorisant la mise en place de comportements d’altruisme et de coopération chez des espèces très variées (dauphins, oiseaux, rongeurs) selon les enjeux liés à leurs environnements sociaux (dominance, statut reproducteur, réciprocité). Cette conférence sera également l’occasion de discuter des autres comportements (tant dans le domaine de la cognition sociale que de la cognition non-sociale) qui ont longtemps semblé être propres à l’humain et ainsi, de remettre en question la notion de spécificité humaine.