Le GENRE
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17/12/2019

Le GENRE


La remise en question du GENRE pourrait être au 21ème siècle le chamboulement le plus révolutionnaire de nombreux dogmes et principes. La société va probablement (enfin) devoir concevoir que la binarité et l'assignation sexuées des identités ne pourront continuer à régir nos rapports sociaux. Les enjeux sont colossaux ceux de la fin de la domination du genre masculin et de l'ultime liberté à revendiquer : être soi sans assignation sexuée.

C'est Maxence qui, pour débuter ce travail, décortique la notion au genre dans sa chronique.

Temps d'écoute : 7'15"

 

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Version lisible

Temps de lecture:  6 min

Salut toi, c’est Maxence !
Aujourd’hui on va discuter d’un sujet très important qui est assez controversé : le genre.
Qu’est-ce que le genre ?
Est-ce que le genre est une construction sociale, est-ce qu’il dépend du sexe de l’individu, est-ce
que c’est la nature qui en est responsable, est-ce qu’il existe plus que deux genres ?
On va essayer de faire la lumière là dessus et décortiquer tout ça.
D’abord, ça veut dire quoi « genre » ?
Dans le dictionnaire Larousse, le genre c’est « un ensemble de traits communs à des êtres ou à des
choses, caractérisant et constituant un type, un groupe, un ensemble ».
Donc en gros, le genre c’est un groupe de personnes qui ont des similarités.
En sciences sociales, sur beaucoup de sites internets on peut lire que l’étude du genre c’est celle des
rapports sociaux entre les hommes et les femmes.
C’est là que ça devient intéréssant. On parle pas ici de sexe, mais bien de catégories sociales.
Selon les définitions citées précédemment, le genre se résume donc pour l’instant à deux catégories
sociales : les hommes et les femmes, qui ont des points communs dans leur groupe social respectif.
Mais alors, quels sont ces points communs ? Qu’est-ce qui fait qu’on sera dans une catégorie plutôt
qu’une autre ? Et est-ce qu’il n’y a que deux catégories ?
Beaucoup pensent que le genre d’une personne dépend de son sexe. Quelqu’un avec une vulve
serait une femme, et quelqu’un avec un pénis serait un homme.
Soit. Mais alors c’est quoi exactement le sexe ?
Toujours selon le dictionnaire Larousse, le sexe c’est « les caractères physiques permanents de
l’individu humain, animal ou végétal, permettant de distinguer, dans chaque espère, des individus
mâles et des individus femelles ».
Le désigne donc les organes génitaux internes et externes, mais aussi les chromosomes, les
hormones, etc.
On aura donc soit un sexe masculin avec toutes les caractéristiques biologiques qui y correspondent,
soit un sexe féminin.
Attends, vraiment ? C’est tout ? Nan, c’est pas tout !
Il y a environ 2 % de la population humaine donc les caractéristiques sexuelles ne correspondent
pas strictement à ce que l’on vient de définir comme masculin ou féminin. Ce sont les personnes
intersexes. D’ailleurs, en France, il arrive très souvent qu’on effectue des mutilations ou des
traitements médicamenteux forcés sur des jeunes enfants intersexes en très bonne santé, simplement
pour corriger cette variation naturelle qui sort de la norme binaire qu’on a établie du sexe.
(pour rappel, le mot binaire signifie qu’il n’y a que deux possibilités)
Bon ok, on a défini le sexe, et on sait désormais qu’il n’y a pas que deux sexes mais que c’est bien
tout un sprectre de variation anatomiques, chromosomiques, hormonales, etc.
Pour résumer, comme on l’a dit plus tôt, le sexe est physique, et le genre est social ; de plus, le
genre est un spectre et il ne faut pas oublier ni invisibiliser les personnes intersexes.
Mais du coup, pourquoi est-c e qu’on lie le genre au sexe ?
Pour répondre à cette question, je vais te raconter une histoire qui est commune à énormément de
personnes, dont tu fais probablement partie à moins d’être intersexe.
Il était une fois, une personne enceinte de plusieurs mois. Je te passe les détails de la grossesse et de
l’accouchement. Bref, à un moment y a un petit truc qui sort, ça s’appelle un bébé.
Et là y a toujours quelqu’un qui regarde entre les jambes du bébé (chose que tu fais rarement quand
tu rencontres quelqu’un) et qui dit : Félicitations, votre bébé a une vulve, c’est une fille !
Autre version : « félicitation, votre bébé a un pénis, c’est un garçon !
Sauf que les mots « fille » ou « garçon » désignent chacun un genre. Et comme on l’a dit plus tôt, le
genre est une catégorie sociale.
Donc en fait ce genre on te l’assigne en fonction de tes organes génitaux, mais je t’assure qu’on
aurait très bien pu le faire en fonction de la couleur de tes yeux ou d’un autre attribut physique que
tu partages avec d’autres êtres humains.
Pourquoi ? Parce que le genre, selon la définition du dictionnaire est « un ensemble de traits
communs à des êtres ou à des choses caractérisant et constituant un type, un groupe, un ensemble ».
T’as compris le truc ? Du coup en gros on regarde un truc intime chez toi, qui est commun à un
groupe de personnes, et on en fait TA catégorie sociale.
Bon, maintenant tu sais que le genre est une catégorie sociale qui s’est construite de manière
absurde sur le sexe, très tôt dans l’histoire.
Mais tu pourrais me dire que tu te sens femme, ou que tu t’identifies en tant qu’homme.
Alors quelle place y a-t-il pour notre ressenti vis à vis de notre genre ?
Eh bien en réalité c’est simple.
Se sentir femme ou homme, ou s’identifier en tant que tel, c’est être à l’aise avec la catégorie
sociale dans laquelle on se trouve.
Mais sache que ce n’est pas le cas pour tout le monde : beaucoup de personnes ne se sentent pas à
leur place dans le genre qu’on leur a attribué à la naissance. Ce sont les personnes transgenres (enfin
tout le monde dit trans). Certaines personnes sont non-binaires, c’est à dire qu’elles ne se sentent
pas entièrement à l’aise dans une catégorie sociale ou dans l’autre.
Bon, ça y est, on a balayé le concept de genre dans la théorie.
Mais comment est-ce que le genre se manifeste dans la vie de tous les jours ?
D’abord, par l’apparence.
L’apparence d’une personne peut être perçu comme plus féminine ou plus masculine ; ça s’appelle
l’expression de genre. C’est souvent un outil utilisé pour être reconnu dans la bonne catégorie
sociale du genre par le reste du monde.
L’expression de genre prend appuie sur ce que l’on appelle des stéréotypes de genre. C’est à dire
nos choix de vêtements, de coupe de cheveux, notre comportement, notre démarche etc, qui peuvent
être perçus comme masculins ou féminins.
Tout ça sont des codes sociaux.
Il faut donc comprendre qu’une personne qui s’identifie dans un certain genre pourra parfois être
perçue différemment selon son expression de genre.
L’expression de genre peut-être indépendant du genre d’une personne.
C’est un outil que l’on utilise pour être perçu dans la catégorie sociale qui nous correspond.
Le genre se manifeste également par les rôles sociaux liés au genre.
Par exemple, on attribuera certaines activités aux femmes, et d’autres aux hommes, en prétextant un
pseudo lien ‘inexistant en réalité) entre ces activités et les présupposées bonnes capacités de telle
catégorie sociale. Par exemple : ce serait d’avantage le rôle d’une femme de s’occuper des enfants
que celui d’un homme.
Les rôles sociaux, ce sont des rôles établis dans une société patriarcale, c’est à dire où le genre
masculin a d’avantage de pouvoir, et où il est d’avantage valorisé.
A l’inverse, être une femme socialement est plus difficile puique les femmes doivent subir le
pouvoir (ou les abus de pouvoir) que les hommes se sont octroyés. Ça s’appelle le sexisme.
Donc dans notre société, le genre implique des roles et des statuts sociaux, qui eux-même
impliquent des oppressions sociales telles que le sexisme.
Le sexisme étant l’idéologie selon laquelle il y aurait une hiérarchie entre les hommes et les
femmes. Ce qui est perçu comme masculin sera bien bu, et à l’inverse, le féminin sera dénigré.
C’est avec ce mécanisme qu’on se retrouve avec de l’homophobie, de la transphobie, etc.
Pour conclure cette chronique, le genre est une construction sociale fondée de manière absurde et
arbitraire sur le sexe, qui n’admet que deux catégories, et dont les protagonistes sont soit dominants
soit dominés. Ces dominations entraînant d’autres types d’oppressions.
Du coup perso je trouve que le genre apporte quand même bien plus de problèmes que de positif.


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Sources :


www.larousse.fr/dictionnaire/fr/français/sexe
www.larousse.fr/dictionnaire/fr/français/genre
www.cairn.info/revue-idees-economiques-et-sociales-2008-3-page-4.htm