Le beau, la lutte et le néant
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24/11/2019

Le beau, la lutte et le néant

La chronique a vibré du conflit qui règne dans la [notre] dimension. Tandis que le narrateur nous conte cette fois l’oppression de l’aphrodisme comme outil de domination patriarcale et libérale en stimulant une adhésion par dépendance psychologique, Captain Méritocratie et Antith Éthique tentent de déstabiliser la logique éthique dans le but de conserver les privilèges comme ordre établi. Nous avons repris le contrôle comme indiqué dans notre communiqué.

Temps d'écoute : 19'40''

 

 


La vidéo qui explique le rupture de faisceau que vous avez remarquée lors de l'écoute :


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Version lisible de la chronique

Temps de lecture: 16 minutes

 

 

Générique interrompu

Troll 1 : Houlà il se passe quoi là pourquoi ça s'est arrêté ?
Troll 2 : Aucune idée on dirait qu'on a percuté un...
Troll 1 : un quoi ? Pourquoi tu parles plus ? Mais qu'est ce qui...

Ah oui effectivement c'est étrange. On a du caler ou je sais pas... On va redémarrer la chronique

Générique à nouveau.

Bonjour et bienvenu à bord de Chronique éthique. C'est maintenant notre 9ème voyage ensemble et nous espérons que vous appréciez ces moments en notre compagnie.

Troll : « Purée ben il a mis le paquet là. Quand je pense que dans sa première chronique il nous nous faisait la morale sur la politesse comme quoi c'était une construction sociale élitiste qui reposait sur des codes arbitraires tout ça... Merci la cohérence»
Aujourd'hui nous allons parler d'une construction sociale élitiste qui repose sur des codes arbitraire.

Troll : Nan mais là on est carrément  dans la provocation en fait.

C'est une discrimination dont on a pas parlé en détail mais qu'on a déjà nommée. Elle découle du capacitisme, et touche aussi bien l'endogroupe que l'exogroupe.

Troll : Hum tu crois vraiment que tout le monde à suivi tous les épisodes ? Ho les cheville du mec...  eh ça va t'arrive à enfiler des chaussettes ou bien tu mets directement des houses de couettes ?

Ok pour parler plus simplement, c'est une discrimination qui touche tout le monde, quelque soit l'age, l'espèce, le phénotype, le sexe, le genre, le niveau de vie... Et forcément plus on est opprimé plus elle nous touche. Je veux parler de l'aphrodisme. « ding »

Troll : L'afro quoi ?
Troll : Je te deteste.
Troll : pourquoi j'ai fait quoi ?
Troll : Ben c'est évident qu'on va partir vers la dimention lexicaaaaaaalllee !!!! Aphrodisme : Pratique soutenue des plaisirs sexuels

Non pas celle là. L'autre.

Ah. Aphrodisme : discrimination selon l'apparence physique, porte sur les caractéristiques visibles d'un individu modifiable ou non qu'il s'agisse de son physique proprement dit (taille, poids, visage, cheveux, couleur de peau), de sa vêture, de ses tatouages, piercing et maquillage.

Troll 1 : Ca aurait du s'appeler de l'affreudisme LOL
Troll 2 : Tiens t'es allé voir au fond y a un buffet a volonté.
Troll 1 : c'est vrai ?! Trop bien (s'en va)
Troll 3 : Y a vraiment un buffet à volonté ?
Troll 2 : nan mais t'es sérieux ? Bien sur que non. C'est une nef volante transdimensionnelle c'est pas un bateau de croisière.

L'aphrodisme repose donc sur le beau et le beau ne repose sur rien...

Capitaine méritocratie : capitaine méritocratie au rapport ! Excuse moi de t'interrompre mais hé t'avais qu'à être compétitif sur la prise de parole. Le beau c'est tout a fait utile. C'est sur ce critère qu'on va juger les gens au premier abord, qu'on va exclure les moches et séduire les beaux et les belles. Salut toi. Ca fait longtemps que tu viens ici ?

Troll : T'as vu qu'il y avait un buffet à volonté là bas ?

Capitaine méritocratie : Vraiment ?! Premier arrivé premier servi !

Bon on va peut être pouvoir continuer tranquillement. Oui la notion de beau est centrale dans nos sociétés. Elle a pu avoir son utilité au niveau évolutif pour nous aider à distinguer les personnes dont les gênes était les meilleurs dans une logique d'adaptation au milieu et donc de survie, de déceler les maladies visible, de s’entourer de personnes fertiles ou protectrice... Tous les critères qui se sont mis en place ont de base un sens pratique. Mais comme on l'a vu déjà, si une chose peut avoir du sens en terme de praticité et donc de survie, lorsqu'elle devient culturelle elle perd rapidement cette dimension. Dans tous les cas, ce n'est pas parce qu'une chose a été utile pour l'évolution ou que nous sommes plus où moins programmé génétiquement pour la maintenir qu'elle est désirable.

Troll : « Bon mais le beau ça fait souffrir qui ? »

Ben tout le monde. Dans un premier temps, les personnes ne correspondant pas aux critères de beauté normatifs. Le jugement sur les apparence est le premier qui s'opère lorsqu'on rencontre une personne. Avant même d'avoir parlé on a déjà des a priori. Les personnes considérées laides ont plus de mal a exister socialement. Elles sont moins prises au sérieux, moins écoutées, etmoins prises en compte. Elle ne sont pas envisagées comme des partenaires potentielles toujours relayées au rang de bon ami. On attend d'elles qu'elles soient discrètes si elles ne sont pas lae comique de service, rôle stéréotypé permettant de trouver une reconnaissance sociale.

Troll : « Nan mais là tu parles de personnes qui sont vraiment hors des standarts »

C'est graduel. Il n'y a pas une frontière de classe stricte entre les personnes considérées belle et celles considérées laides. Merci à toi de chercher à marginaliser les souffrances de millions d'individus afin de nuancer le propos pour pouvoir éviter de devoir faire des efforts pour changer ta perception des autres.
Troll 1 : « Ben de rien. Quand on peut aider tu sais... »
Troll 2 : « Oh non ça recommence les interruption !
Troll 1 : Ah non non j'avais fini ma phrase...
Alarm
Robot : Attention, chute de la pression interne détectée dans l'habitacle.
Troll : « Mais c'est quoi le problème ? Robot : Une chute de la pression interne dans l'habitacle
Troll : « Nan mais j'avais compris. Merci»
Robot : « Il n'y a pas de quoi »
Troll : « Ah Bonjour le premier dergé. »
Robot : « Bonjour »
Être considéré comme moche, c'est souvent vivre dans la moquerie, l'exclusion, le dégoût de soi, les complexe d'infériorité. C'est un statut auquel on ne peut échapper, qui défini l'individu et qui le réduit à son physique. Ça entraîne des dépressions, de la dysmorphophobie et des suicides. Troll : Je sais que je vais le regretter mais c'est quoi la dysmorphophobieeeeeee
Dysmorphophobie : Crainte obsetionnelle d'être laid ou malformé. Le dysmorphophobie se caractérise par des pensées excessives et une obsession d'un défaut imaginaire ou d'un petit défaut physique rapport aux codes sociaux, dont la perception de la personne est complètement démesurée. La personne atteinte de dysmorphophobie a une mauvaise image d'elle-même. Ces manifestations obsessionnelles entraînent des attitudes négatives, voire néfastes pour la personne (pensée destructives, émotions incontrôlées, comportements disproportionnés, etc.).
J'en ai parlé cette discrimination touche tout le monde et même les objets, les couleurs etc. Son intersectionnalité est très forte car les codes d'apparences sont liées au handicape visible, à la taille, au poids, à l'age, à la couleur de peau, au type de cheveux et à la pilosité en générale, à la posture, aux styles vestimentaires... Et les femmes sont bien plus touchées par ce phénomène. Dans notre société il est préférable d'être clair de peau, d'avoir les cheveux lisses ou ondulés, le né fin, les lèvre pulpeuses mais pas trop, d'être plutôt grand.e, plutôt mince, d'avoir des formes mais le ventre plat pour les femmes, des muscles pour les hommes, d'avoir entre 18 et 35 ans,... et là on parle seulement de l'apparence. Ça n'est qu'un fardeau en plus de ce qu'implique les oppressions xénophobe, patriarcale et capitaliste... Merci aux publicitaires, aux constructeurice de réseau sociaux, aux cinéastes, aux médias, merci aux concours de beauté, aux pourvoyeurs de pornographie, aux opportunistes des régimes minceurs et des cosmétiques. Merci de nous abreuver de modèles stéréotypés inaccessibles et destructeurs qui se servent de ces standards et les maintiennent participant ainsi au conditionnement général.

Troll : Ok mais ça fait plaisir quand même un petit compliment de temps en temps »

Oui ça peut fait plaisir. Même si donner son avis sur le physique des autres sans que ça soit demandé c'est pas vraiment une logique de respect du consentement.

Troll : Ah ben voilà. On est d'accord du coup maintenant tu vas arrêter de nous casser les...
interruption
troll : Qu'est ce qui se passe ? Pourquoi on est dans le noir ?
Robot : générateur secondaire activé

Troll : ouais bref on est d'accord les compliments ça fait plaisir.

Peu importe dans le fond. Ce n'est pas parce que ça fait plaisir que c'est désirable. Le fait d'être validé physiquement fige l'individu dans une identité lié à son physique. Son apparence devient un outil de reconnaissance sociale, une façon d'exister, un impératif pour se sentir bien... Que va t-il se passer dans le temps ? D'autant plus que faire un compliment à une personne, c'est créer une hiérarchie, alimenter la compétition, placer un niveau d'exigence. Il n'y a rien d'anodin a se permettre de donner son avis sur le physique des gens. Alors ça fait plaisir mais pas que. Ça entretient le besoin de validation. Quand on obtient sa gratification par son apparence physique, le fait d'être validé n'est que la partie visible de l'iceberg. Le reste étant l'insécurité face au jugement des autres, au besoin de plaire, au fait de privilégier le regard des autres sur son physique au détriment de son développement personnel. Zététine : Salut !

Coucou Zététine

Zététine : Je peux faire une métaphore ?

Mais vas y je t'en pris

Zététine : Ben imagine qu'au lieu de faire des compliments, tu donnes des bonbons. Si tu en donnes pleins à certaines personne et zéro aux autres par exemple c'est pas gentil ?

Capitaine méritocratie, ne vous en fait pas je gère la situation. C'est normal de recevoir des compliments

Zététine : J'ai pas dit que c'était pas normal j'ai dis que c'était pas gentil. Et puis toi t'es le monsieur qui défend le mérite. En quoi c'est un gage de compétence qui dois être récompensé le fait d'être joli ?

Bon je pense que c'est perdu d'avance. J'ai fait tout ce qui était en mon pouvoir.
C'est vrai qu'être beau ou belle n'est pas vraiment une capacité qui apporte quelque chose à la société et à par l'autosatisfaction de l'être, ça n'apporte rien à soi même. Saluer la beauté d'un individu c'est le gratifier de sa compétence à coller aux codes, à être harmonieux par naissance ou par effort obsessionnel. L'injonction à être belle est d'ailleurs une composante du patriarcat. La pression exercée sur les femmes à correspondre aux codes, les réduit à des objets de désir, en fait une caractéristique principale dans leur représentation d'elle même et les maintien dans un cadre d'existence ou le référentiel est le regard masculin. Cela pousse les femmes à mettre leur santé en danger avec des régimes, à se mutiler, à contrôler leur alimentation jusqu'au trouble mental, à perdre des heures à se maquiller, se coiffer s’habiller, s’épiler... c'est autant de temps, d'énergie et de centre d’intérêts qui sont prélevées au temps qu'elles auraient pour se consacrer à des activités constructives. Les hommes en revanche vont mettre à profit ce temps, cet énergie et ce confort de vie au quotidien. Le beau est un facteur aggravant de la structure des inégalité sexiste. Et comme si tout ça ne suffisait pas, se plier à ces codes engendrera le fait de devoir supporter le stéréotype de la superficialité.
  « Si c'est si grave que ça l'aphrodisme, pourquoi on en entend jamais parler ? »

On en entend pas parler parce qu'on n'écoute pas les victimes. C'est le même principe qu'avec les autres opprimé.e.s et particulièrement les enfants, on néglige leurs avis et donc on n'est pas à même de prendre leurs souffrances au sérieux ou même de s'y intéresser. Mais aussi parce qu'on a peu conscience du fait que ce soit un problème systémique, tout le monde en tire une gratification même si c'est dans la douleur. On se verrait mal condamner ce système dont finalement on tire des bénéfices ne serait ce que celui de profiter de la beauté des autres, chercher à exister à leurs yeux et même à en faire des partenaires sexuel et/ou romantiques. En fait le beau est une intoxication de l'esprit. Il est grisant, on a du mal a s'en passer psychologiquement. Il est addictif. Troll : Dis donc... Tu crois qu'on n'a pas compris ton petit jeu ?
Troll : Ouais c'est vrai. T'as vraiment cru qu'on allait arrêter de prendre des selfies ?
Troll : Quoi ? Mais non je parle pas de ça. C'est juste qu'il a donné la définition du mot drogue en fait alors qu'il parle du beau.
*Bruit de conflit en arrière plan*

C'est effectivement une des définitions. Mais comme le terme a plusieurs usages je préfère donner la définition qui m'intéresse plutôt que de créer de la confusion. Nous refusons de nous passer du beau parce que ça nous fait plaisir même si ça nous fait du mal. C'est devenu un référentiel à partir duquel, entre autre, on porte un jugement sur les choses, sur les gens, sur nous même. S'en passer c'est comme retirer les petites roue de son vélo ou arrêter de gratter un bouton de moustique. C'est tellement confortable sur le moment qu'on a pas envie de risquer de changer son comportement quitte à en payer les conséquences. On aime que les autres nous trouve beau on aime que les gens qu'on fréquente soient beau.

Troll : Oh on a un problème la !
Troll : Hé ! t'étais où depuis tout à l'heure.
Troll : Ben j'étais au buffet à volonté.
Troll : Attend mais y a un buffet a volonté ?
Troll : Nan plus maintenant.
Troll : ok c'est quoi le souci ? *Bruit de conflit* Antith : il semblerait que ce soit moi, antith éthique, gardien de la neutralité, seigneur de l'opposition et maître des trolls. Vos petites péripéties philosophiques s'arrêtent ici. Vous n'avez pas saisi l'opportunité de réduire vos discours au silence.
Mais t'a cru qu'on allait te laisser prendre le contrôle comme ça ?
Ok ok... j'ai rien dit

Antith : Vous n'êtes pas de taille. Voyez comme il m'a été aisé de vous retrouver. Soumettez vous maintenant.

Capitaine méritocratie : Ahah ! Eh bien voilà vous comprenez enfin la loi du plus fort. Merci Antith de recadrer ces gauchistes égarés.

Antith : Ca vaut pour toi aussi. Ton discours sali la neutralité. Sous quel prétexte pensais tu échapper à mon joug ?

Capitaine méritocratie : Ah nan mais moi c'est pas pareil je suis capitaine méritocratie. Toujours du coté des forts.

Antith : Pourtant tu continues de parler. La domination n'est qu'un moyen pour rétablir l'égalité absolue : Le néant total. Soumets toi au vide en cessant de donner une direction à ton existence ou soit mon ennemi.

Mais de quel droit oses tu mettre ma liberté en question.

Sérieux c'est toi qui demande ça alors que tu es toujours en train de défendre la loi du plus fort ? Aller bouge.

Mais laissez moi ou j'appelle des CRS !
Aller fini de jouer.

Nan ! Aaargh ! Lachez moi !

Non c'est toi qui va.... AAArrrrggh !
Oh mais ça va pas ? Mais il est dangereux lui.

Dangereux est un terme vide de sens. Je n'ai juste aucune raison valable de me soucier de votre sort.

Troll :  Ok tu veux la jouer comme ça. AAHHHH !
*bruit de bagare qui s'éloigne*
Troll : Et pourquoi t'en a pas parlé avant de l'aphrodisme vu que t'a l'air d'y tenir ? »

Je pense qu'il était important d'introduire la notion de libéralisme avant. Quand on aborde la question du beau, on pense qu'on parle de préférence individuelle. Que c'est chacun ses goûts et donc que c'est une liberté personnelle. Or c'est une question sociétale. Le beau est culturel et cette croyance a des répercutions sur l'ensemble de la société. Et comme n'importe quel dogme il mène a une incompréhension du monde, à de l’irrationalité et très potentiellement à des injustices. En l’occurrence ici on a vu lesquelles. Les mouvement comme le body positive qui défendent l'idée que tous les corps sont beaux font malheureusement partie du problème en conservant le principe du beau. Bien que je sois convaincu par la bonne volonté des personnes qui en font partie, ce mouvement a pour conséquence d'élargir les normes de beauté de manière à rendre tout le monde désirable c'est vouloir élargir cette croyance de manière à y soumettre tout le monde. Il ne détruit pas la cause, il la renforce en maintenant la croyance en la beauté. Les hierarchies ne disparaîtrons pas et il y aura toujours des gens qui correspondront moins aux normes et subiront ce système. Il n'y a aucune raison valable de conserver la dimension culturelle du beau. Pour qu'une société égalitaire puisse exister un jour, nous devons réduire l'emprise de cette notion au maximum

Troll : « c'est super culpabilisant ce que tu racontes. En gros on a plus le droit de faire des selfies, de se maquiller, de se coiffer, de porter des vêtements qui nous plaisent, de s'intéresser à des personnes qui nous attirent physiquement... »

Il ne me semble pas avoir fait d'injonction. J'ai juste énoncé un problème. Maintenant si on parle de pratique je vais rappeler ce que j'ai dit dans la chronique précédente : plus une discrimination est culturelle et sa responsabilité individuelle plus le changement individuel est nécessaire pour atteindre une société juste. On est typiquement dans ce cas de figure. Oui ça commence par nous. Par le fait de comprendre ce qu'est le beau, en quoi c'est un poison qui blesse et réduit nos libertés malgré la satisfaction éphémère contre laquelle on le troque. On fait ce qu'on peut pour survivre. Tout le monde n'a pas les moyens de se détacher de cette croyance. Encore une fois, nous en sommes tou.te.s victimes bien que ce soit à différent niveau. Mais on peut déjà commencer par cesser de valider les autres ouvertement. En fait il n'y a pas de solution parfaite soit on valide les gens et on maintient ce système et leur addiction soit on ne s'exprime sur leur apparence et cette absence peut être perçues comme un jugement négatif ayant pour conséquence de blesser.

On ne peut pas être indifférent à l'égard des autres. Tout comme on ne peut pas supprimer un conditionnement. On peut en percevoir les manifestations, tenter d'en comprendre les causes, rajouter un conditionnement de correction par dessus, conscientiser ses actes... Si on veut que l'aphrodisme disparaisse nous devons commencer par arrêter de l'infliger aux autres. Vous tenez à vos amies, vos parents, vos camarades, vos collègues... alors peut être devriez vous cesser d’émettre des jugements positifs ou négatifs sur leur physique.

Antith : et optez pour la neutralité !

Troll : Ah non mais ça va bien là ! Je te préviens si t'avance j’appuie sur ce bouton

Antith : Tes menaces sont sans effet sur moi.

Troll : Ok tu l'auras voulu
*bruit d’essuie-glace*

Antith : vous parlez de neutralité mais vous ne faites qu'en effleurer la surface. Cessez donc de prétendre être impartial alors que vous ne faites ici que proférer une dialectique emprunte d'idéologie.

Hum excuse moi je ne te dérange pas là ?

Antith : Comment pourrais tu me déranger ? Je ne ressens rien. Je ne perçois pas de nuisance

Merveilleux

Antith : Non.

Ah ben oui forcément. Bon aller je sens que tu va pas nous lacher avec la neutraliité alors alors parlons en. Être neutre n'est pas vraiment possible. Ou bien il faut revoir la définitions. Antith : Tu persistes dans ton idéologie

Troll : Eh mais bouge il t'arrive dessus là tu fais quoi ?!

Neutralité

Antith : Hein ? Qu'est ce quuuue aahhhhh !!

Neutralité : Caractère, attitude d'une personne, d'une organisation, qui s'abstient de prendre parti dans un débat, une discussion, un conflit opposant des personnes, des thèses ou des positions divergentes.

Donc être neutre c'est possible seulement sur du court terme sur des sujets précis et du fait d'être ignorant, insensible, inactifve de manière involontaire... ou d'être un objet quoi. Le fait de ne pas prendre partie est en réalité un choix allant dans le sens du statu quo. Ne pas prendre parti face à une injustice par exemple peut être considéré comme neutre mais est en réalité parfaitement orienté. Ca serait comme dire qu'on n'est pas responsable d'un accident si en tant que passager.e on ne touchait pas au volant d'une voiture lancée à 200km en contre sens sur l'autoroute. La neutralité c'est la croyance selon laquelle on considère que la norme est un standard de base qui n'a aucune dimension politique, philosophique, morale... Et c'est un biais cognitif au passage. Penser être neutre est aussi prétentieux qu'erroné.

Antith : Tu te contredis. On peut être neutre si on cesse d'exister. Nan ça marche pas ça. Y a un truc pas logique dans ce qui vient de dire. pourquoi Fulbert intervient pas là ? T'sais « vous avez 4 nouveau sophisme » c'est stylé son truc.

Antith : Je vais t'occtroyer le don du silence et tu comprendra ce qu'est la neutralité.

Zetétine : Salut

Antith : Pousse toi

Zététie : Tiens tu me tiens ça steuplé ?

Ah mais c'est quoi

Zététine : C'est une sucette à la choucroute mais j'ai perdu le baton

Yeurk...

Zététine : Toi tu fais du mal au gens. Je t'aime pas.

Antith : Tu penses que ton avis m'importe ? Rien n'a d'importance pour... qu'est ce que tu fais ?

Zététine : AAAAHHHH YYAAAAA !!!
*bruit de coups*

Troll : Ca part complètement en freestyle cette chronique.

Dans les sphère sceptique, on peut retrouver l'idée selon laquelle la science serait neutre. Même si la méthode scientifique en elle même n'a pas d'objectif, toute utilisation de cette méthode répond à un but : tenter de comprendre le réel. Ces protocoles sont construits en fonction des outils que nous connaissons et maîtrisons. Ils sont donc limités aux capacités des personnes qui en font usage et les résultat qui en ressortent sont laissé à leur jugement lui aussi loin d'être neutre. Si en plus on ajoute à cela le contexte politique dans lequel s'inscrit ses recherches alors on voit bien que la science dans son application n'a rien de neutre. Troll : « Ah du coup la science c'est nul en fait »

Bien au contraire. La science est un des outils de l'éthique. C'est sur ses acquis que nous pouvons construire une société favorisant le bonheur de chacun et minimisant les souffrances. C’est l'outil le plus performant que nous ayons pour comprendre le réel. Les résultats obtenus ne sont pas de opinions personnelles. C'est leur interprétation qui l'est mais tester le même phénomène dans les mêmes conditions peu importe l'endroit ou les individus, donnera toujours le même résultat. Ce sont  les conclusions qui peuvent varier car elle dépendent de personnes qui elles ne sont pas neutre. La science, est le seul domaine connu capable de démontrer ses propres failles. Le savoir est d'ailleurs la somme de toutes les hypothèses qui n'ont pas encore été invalidées et dont on a peu de raison de douter.

Antith : Aller cette fois c'est fini.

Tu as fais quoi de zététine ?

Antith : Iel s'est échappé avec mon vaisseau et je vais maintenant réquisitionner le votre pour rejoindre la dimension argumentaire et finir ce que j'ai commencé.

OK bon ben c'est fini pour aujourd'hui je vous dis à la prochaine pour...

Antith : Il n'y aura pas de prochaine fois.

 


 

 

À PROPOS DE



Cette chronique diffusée sur NONBI est un projet qui vise à minimiser la souffrance et maximiser le bonheur. Une structure narrative sous forme de conte épisodique matriciel qui nous présente l’archaïsme de nos pensées pour nous permettre de nous affranchir de nos croyances. L'objectif est d’insuffler l’éthique dans notre systèmie, en acte et en idéal.
Chaque épisode de Chronique Éthique tisse du lien conceptuel entre les composantes des systèmes de dominations, pour les fragiliser et nous passer le relais dans nos luttes ou nos pensées. Elle nous aide à entrer dans nos dimensions socio-culturelles déterminées pour en transformer l’impact dans nos actes.
 

Vous pouvez écouter tous les épisodes de la CHRONIQUE ETHIQUE pour vivre le projet complet.