Vos délices sont leur supplice

Vos délices sont leur supplice

Rédigé le 15/12/2019
Néo ...

Vers la fin du gavage des canards. Continuer la sensibilisation pour casser la dynamique d'un marketing de la tradition culinaire. #STOPFOIEGRAS

 

Temps de lecture :  4 minutes


Depuis quelques semaines, ce sont des millions de canards qui reçoivent quotidiennement 1kg de patée à base de céréales. Ils sont nourris de force au delà de ce que leur métabolisme demande et peut supporter. Leur foie en 15 jours va prendre un volume colossal dans le corps, grossissant de 10 fois sa taille par la stéatose hépatique, on le nomme FOIE GRAS (FG). Les canards et les oies deviennent ainsi les victimes d'un fantasme de la tradition culinaire française . C'est en fait un business colossal qui s'affranchit de toute éthique au prix d'une souffrance monstrueuse.

La France produirait 80% de la consommation mondiale de FG,  soit 20·000 tonnes. Ce pactole serait partagé entre 30·000 familles. Personne n'aurait donc intérêt à ce que cette production taxée d'art de vivre, reconnue officiellement comme patri­moine culturel et gastronomique protégé en France depuis 2006 soit remis en cause dans ces pratiques. Or l'envers du décors est immonde et il faut tout le courage des associations animalistes pour braver les connivences et faire prendre conscience de la réalité.

A la periode des fêtes, rien d'étonnant à cela dans un monde qui culturellement consomme les animaux et leurs produits, ce seront probablement plus de 90% de la population qui consommera du foie gras. Ce produit animal bénéficie de grands moyens de communication qui lui permettent de bâtir des stratégies détournant habillement les données ou les concepts. Par exemple le CIFOG (Comité Interprofessionnel du Foie Gras), dont la mission est de promouvoir la filière (document ci-dessous), crée une fabuleuse histoire du terroir autour du FG.



Si le FG est issue d'une particularité physiologique de l'espèce, rien ne permet de défendre le gavage éthiquement. Exploiter à des fins mercantiles cette caractéristique d'espèce n'a rien de naturel. Mais pour pouvoir en assurer l'acceptabilité c'est un grand renfort de mauvaise foi et de contre-vérités qui sont orchestrées.

Dans la dernière vidéo de PAS VEGAN, on entends d'ailleurs parlé de compétence [du foie]. Cet abus de langage laisse entendre que le canard est sous contrat avec l'éleveur pour mettre sa compétence au service de l'entreprise. On vous y explique que la reversibilité du phénomène gavage ne fait pas de ce dernier un acte de matraitance, or c'est pourtant le cas. Cette information est fallacieuse. Une fois gavé, le canard n'est pas dégavé par l'exploitant, il est chargé dans des caisses, elles mêmes livrées à l'abattoir.

Parler de reversibilité est une manipulation qui masque la finalité du gavage : provoquer la stéatose, phénomème d'accumulation de graisse dans le foie sans laisser la possibilité à l'animal de résorber ensuite le phénomène. Le cysnisme dont fait preuve la filière et ces défenseurs n'a qu'un seul but : préserver une économie sans autre considération. Gaver mecaniquement à la chaine des canards n'a rien de choisi par l'animal qui s'il avait à migrer saurait par lui-même faire ses réserves. Le canard n'a pas besoin de l'humain pour savoir ce qui est bon pour lui. Comme c'est d'ailleurs remarqué par l'animateur de la chaîne "PAS VEGAN", les petits cannetons n'ayant aucune envie de rester avec lui.

Alors oui culturellement, 92% des personnes voudront du FG à table, cela ne veut pas dire que les méthodes d'elevage sont cautionnnées pour autant. Ce sondage est une manipulation, un marketing de la tradition. Elle n'a pour but que de vouloir faire perdurer une cruelle exception culturelle tandis que la plupart des pays du monde en ont interdit la pratique. Cette manipulation s'exerce sur les consommateurs tiraillés entre une identification culturelle à la tradition culinaire et le refus de la maltraitance animale. C'est peut-être un fait dissonant mais c'est un fait: 40% des consommateurs refusent le gavage.  Dans le fond, tout comme pour la corrida, la France s'asseoit sur les reflexions éthiques et c'est sur le deni que repose la résistance de la filière. Même si, dès 1999, les directives européenes cherchent à en finir avec le gavage des canards, la France continue de déroger à la règle et les éleveurs et consorts passent en force comme toujours. Les postures de ce passage en force sont les moqueries, les dénigrements et le virilisme même qui par effets de voix tonitruante, de rapports de force et de démonstrations sans fondement scientifique visent à impressionner et ridiculiser la raison. La vidéo de PAS VEGAN en est l'exemple parfait. On y entends même les personnes défendant le spécisme crier à l'extremisme de leurs opposants.

Tout cela n'est qu'effet de manches pour cacher la réalité dont chaque étape porte son lot de morbidité jusqu'à l'ultime :

  • dans la sélection des cannetons mâles pour l'engraissement se sont 23 millions de femelles qui sont éliminées à la naissance.
  • le taux de mortalité est 6 à 20 fois supérieur pendant la période de gavage où se sont 1 millions de canards qui meurent chaque année.
  • une mort certaine à l'issue du processus

Voilà l'extremisme. Bien évidemment, donc, le gavage doit cesser et parce que la pratique culturelle et la désinformation des filières sont très efficaces, il faut faire oeuvre de pédagogie et occuper le terrain. Lutter contre la désinformation systémique, accompagner les personnes au changement à motivation et visée éthique, ce sont les seules attitudes qui permettront de destabiliser le cynisme et la dynamique des groupes majoritaires et affairistes.

Ce qui parait juste culturellement devient injuste quand la reflexion l'eclaire. Un des moyens c'est l'action de sensibilisation.

Nous avons suivi un groupe de militant·e·s 269life France samedi 14 décembre 2019 et nous avons rencontré des passants, pour la plupart des consommateurs de FG.

Vous allez entendre ci-dessous leurs reactions face à la réalité du gavage qu'il peuvent observer sur les pancartes des militants.

 

Temps d'écoute : 16 minutes